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CYBER65 : ce qu’une formation "prête à animer" transmet vraiment

Laurent Lacroix m’a donné accès à ses supports CYBER65. En les ouvrant avec le regard de quelqu’un qui veut commencer à animer ce type de formation, une question apparaît vite : que gagne-t-on réellement quand le contenu, les exercices et le déroulé sont déjà préparés, et où commence encore le travail du formateur ?

CYBER65 : ce qu’une formation "prête à animer" transmet vraiment
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17/09/2026
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Dans cet article 11 repères

CYBER65 : ce qu’une formation "prête à animer" transmet vraiment

Laurent Lacroix m’a donné gratuitement accès à une archive de ses formations CYBER65. Je le précise dès le départ parce que le contexte compte : je n’ai pas acheté le produit, et ce texte n’est donc pas le compte rendu d’un achat. J’ai plutôt voulu profiter de l’occasion pour répondre à une question très concrète. Si je voulais commencer à animer ce type de session, qu’est-ce qu’un ensemble de supports déjà construit m’éviterait réellement de refaire, et qu’est-ce qu’il me resterait malgré tout à apprendre ?

À première vue, la réponse paraît évidente. Il y a des fichiers, des cours, des exercices, des quiz et des scénarios déjà préparés. Le gain immédiat consiste donc à ne pas ouvrir une page blanche en essayant de transformer un règlement européen, une procédure de sécurité ou un sujet technique en trois ou quatre heures de formation compréhensible. Mais après avoir parcouru les documents, ce n’est pas ce qui m’a semblé le plus intéressant.

Le véritable raccourci se situe ailleurs : quelqu’un a déjà décidé ce qui mérite d’être expliqué, dans quel ordre, avec quels exemples, à quel moment faire intervenir le groupe et ce qui peut être laissé de côté. Autrement dit, le fichier ne contient pas seulement de l’information. Il contient une série de choix qui, habituellement, ne deviennent visibles qu’après plusieurs heures de préparation et souvent plusieurs sessions devant un public.

Le produit visible est le support, le produit utile est le chemin

L’archive qui m’a été transmise contient treize fichiers, dont douze supports HTML et un modèle de charte autour de l’IA générative. L’offre actuellement présentée sur le site de CYBER65 annonce de son côté quinze supports pour la licence Revendeur. Les deux périmètres ne sont donc pas strictement identiques, et je préfère ne pas présenter l’archive reçue comme une photographie exhaustive de l’offre commerciale actuelle. Mais compter les fichiers dit finalement peu de chose sur l’utilité réelle de l’ensemble : ce qui importe est le nombre de décisions qu’ils évitent d’avoir à reprendre avant chaque session.

Un spécialiste peut connaître parfaitement NIS2 ou l’AI Act et produire une mauvaise formation s’il ne sait pas où commencer, ce qu’il faut simplifier ou comment transformer une obligation abstraite en situation reconnaissable par une PME. La pédagogie commence précisément au moment où l’on accepte de ne pas tout dire. C’est là que les supports de Laurent deviennent intéressants pour quelqu’un qui débute dans l’animation : ils donnent une architecture et montrent comment faire circuler une information complexe jusqu’à ce qu’elle devienne utilisable par quelqu’un d’autre.

Un bon raccourci ne doit pas devenir une fausse assurance

Cette facilité crée cependant son propre risque. Plus un support est bien construit, plus il peut donner l’impression que le travail est terminé. Or la véritable épreuve d’une formation ne se déroule pas quand la diapositive s’affiche correctement. Elle commence souvent à la première question imprévue.

Un participant demande si son cas précis relève de NIS2. Un autre veut savoir si une vidéo retouchée avec un outil d’IA doit être signalée. Un dirigeant demande ce qu’il doit réellement conserver comme preuve, ou si une règle européenne s’applique déjà à son usage. À ce moment-là, le fichier cesse d’être un guide suffisant. Le formateur doit comprendre la source, les limites de la formulation et la différence entre une simplification pédagogique et ce que dit effectivement le texte.

C’est pourquoi je trouve la formule "prêt à animer" intéressante, mais à condition de la lire correctement. Elle peut signifier "vous n’avez pas à reconstruire le parcours". Elle ne peut pas signifier "vous n’avez pas besoin de maîtriser le terrain".

La nuance paraît évidente lorsqu’on l’écrit. Dans la pratique, elle est fondamentale. Un support peut réduire le temps de préparation sans réduire la responsabilité de celui qui l’utilise.

L’AI Act montre très bien où se trouve la valeur

Le meilleur cas d’école dans les fichiers que j’ai parcourus est probablement l’AI Act, précisément parce que le texte a bougé.

Le règlement européen 2024/1689 est entré en vigueur en 2024, mais son calendrier et plusieurs de ses dispositions ont été modifiés en juillet 2026 par le règlement (UE) 2026/1744. Le support transmis par Laurent avait intégré cette évolution, notamment la nouvelle rédaction de l’article 4 sur la maîtrise de l’IA. Ce point compte davantage qu’il n’y paraît, car il illustre une difficulté particulière des formations réglementaires : un document peut rester parfaitement intact tout en devenant progressivement faux.

Le phénomène est assez banal pour être dangereux. Une présentation peut avoir été irréprochable au moment de sa rédaction, puis continuer à circuler alors qu’une échéance a changé, qu’un article a été réécrit ou qu’une interprétation a été précisée. L’obsolescence ne se voit pas forcément. Le fichier s’ouvre encore, le design est identique, le texte semble cohérent et pourtant une partie du raisonnement n’est plus valable.

J’avais déjà abordé cette question dans mon analyse du calendrier AI Act entre 2026 et 2028 : retenir une date n’est plus suffisant. Il faut savoir quel texte est applicable, à quel usage, dans quel rôle et à partir de quelle version.

Dans ce contexte, les mises à jour proposées avec certaines licences CYBER65 ne sont pas un simple confort commercial. Le site prévoit actuellement douze mois de mises à jour pour la licence Entreprise et vingt-quatre mois pour la licence Revendeur. Une partie de la valeur dépend donc de la capacité à empêcher les supports de raconter demain ce qui était vrai hier.

La source devient aussi importante que la phrase

Cette logique change la manière dont j’évaluerais un support de formation. Je regarderais évidemment si le contenu est clair, mais je regarderais presque autant si une affirmation importante peut être retrouvée et vérifiée rapidement.

Dans les documents examinés, certaines formulations réglementaires gagneraient encore à être resserrées. L’article 50 de l’AI Act, par exemple, ne se résume pas à une règle universelle imposant de signaler de la même manière tout contenu produit ou modifié avec une IA. Les obligations dépendent du rôle de l’acteur, du système et de la nature du contenu concerné. La simplification est compréhensible dans une formation, mais elle devient fragile si elle empêche ensuite de retrouver la règle précise.

Le même raisonnement vaut pour les autorités compétentes. En 2026, la CNIL se prépare à exercer des attributions d’autorité de surveillance du marché, tandis que la DGCCRF indique qu’elle coordonnera les autorités de surveillance concernées et exercera elle-même certaines missions. Présenter la régulation française comme si elle relevait d’un interlocuteur unique serait donc trop simple.

Ces nuances ne rendent pas le pack mauvais. Elles montrent plutôt à quoi ressemble un support qui doit vivre dans le temps : une affirmation importante devrait pouvoir être reliée à sa source, à sa date de vérification et, lorsque c’est nécessaire, à la version du texte qui la justifie. Le formateur n’apprend alors plus seulement "quoi dire" ; il sait aussi où revenir lorsqu’il doute. Pour un sujet réglementaire ou cyber, cette capacité me paraît plus utile que l’accumulation de diapositives.

Le choix du HTML paraît modeste, mais il change beaucoup de choses

Les supports que j’ai reçus ont également une caractéristique moins spectaculaire mais assez intelligente : plusieurs sont de simples fichiers HTML que l’on peut ouvrir avec un navigateur et modifier avec un éditeur de texte. Il n’est pas nécessaire de déployer une plateforme d’apprentissage pour commencer à les utiliser.

Ce choix a deux conséquences. La première est pratique : le formateur peut conserver les fichiers, les adapter et comprendre assez facilement ce qu’ils contiennent. La seconde est plus durable : le contenu n’est pas totalement prisonnier d’un service dont l’accès, le prix ou l’existence pourraient changer.

J’ai déjà consacré un article aux forteresses technologiques et à la difficulté de conserver une véritable capacité de sortie. La question est la même ici, à une échelle beaucoup plus petite. Un outil est d’autant plus utile qu’il ne devient pas inutilisable le jour où l’on souhaite travailler autrement.

Ce que j’achèterais réellement en tant que débutant

Au moment de ma vérification, la licence Revendeur est affichée à 490 euros et permet notamment d’utiliser les supports auprès de dix clients, de les personnaliser et de bénéficier de vingt-quatre mois de mises à jour. Ce que j’y vois de plus utile n’est pas seulement l’économie d’heures d’écriture, mais celle des heures de sélection, d’organisation et d’hésitation qui précèdent une première session. Lorsqu’on débute dans l’animation, partir d’un parcours déjà pensé permet de consacrer davantage de temps à la compréhension du sujet, à l’adaptation au public et aux questions qui risquent réellement de surgir.

Si je connais déjà suffisamment le domaine mais que je commence à former, oui, je pourrais m’appuyer sur ces supports : ils offrent un cadre et raccourcissent nettement la préparation. Si je découvre en même temps le métier de formateur et le sujet que je dois enseigner, ma réponse devient plus prudente. Une salle ne suit pas toujours le scénario prévu, et une seule bonne question suffit parfois à révéler la différence entre "j’ai lu la diapositive" et "je sais pourquoi elle est là".

Ce que CYBER65 raconte au-delà de CYBER65

On pourrait juger l’offre en comptant les modules, les quiz ou le prix par fichier. Ce serait passer à côté de ce qui m’intéresse le plus dans le travail de Laurent : qu’est-ce qui doit rester d’une expertise pour qu’une autre personne puisse réellement s’en servir ? Une présentation seule ne suffit pas. Il faut un ordre, des choix, des exemples, des exercices, des sources, des mises à jour et assez de contexte pour que le prochain utilisateur ne soit pas condamné à refaire tout le raisonnement depuis le début.

CYBER65 matérialise assez bien cette frontière. Laurent a transformé une partie de son travail en quelque chose qu’un autre professionnel peut reprendre, tout en laissant apparaître ce qu’aucun fichier ne contiendra parfaitement : l’expérience, la capacité à nuancer, le jugement et la réponse à une situation imprévue. Le prochain niveau ne consiste donc probablement pas à ajouter toujours plus de documents, mais à rendre encore plus visible ce qui permet à chacun d’eux de rester compréhensible et vérifiable lorsqu’il évolue.

Ma lecture

Après avoir parcouru les documents, je ne présenterais donc pas CYBER65 comme une manière d’acheter une expertise "clé en main". Ce serait à la fois injuste pour le travail de Laurent et dangereux pour celui qui utiliserait le produit de cette manière.

Je le vois plutôt comme un accélérateur pour quelqu’un qui possède déjà les bases nécessaires et qui veut éviter de reconstruire toute la mécanique d’une formation avant sa première session. Le gain n’est pas seulement de recevoir des contenus. Il est de disposer d’un chemin déjà tracé, suffisamment ouvert pour être adapté et, pour certaines licences, entretenu lorsque les textes changent.

La distinction est importante parce qu’elle remet le formateur à sa place. Son rôle ne consiste pas à faire défiler ce que quelqu’un d’autre a écrit, mais à savoir pourquoi le parcours est construit ainsi, ce qui doit être adapté et à quel moment il faut retourner à la source plutôt que d’improviser.

Au fond, la meilleure question n’est donc peut-être pas "est-ce que ces supports sont prêts à animer ?". Ils le sont largement. La question utile devient plutôt : "est-ce qu’ils permettent à quelqu’un d’autre de reprendre le travail sans perdre ce qui lui donne du sens ?" Sur ce point, la proposition de CYBER65 est intéressante, précisément parce qu’elle ouvre cette question au lieu de la refermer.

Ce que l’on ne peut pas conclure

Cette analyse porte sur l’archive que Laurent m’a transmise et sur une vérification ciblée des points qui m’ont semblé déterminants. Elle ne constitue pas un audit juridique exhaustif de toutes les affirmations contenues dans les supports, ni une évaluation d’une session de formation en situation réelle.

Je n’ai pas animé ces modules devant un groupe, je ne peux donc pas mesurer la qualité des échanges, la compréhension des participants ou la manière dont les exercices fonctionnent dans une salle. L’archive reçue contient par ailleurs treize fichiers, alors que l’offre actuelle en annonce quinze pour la licence Revendeur. Je ne transforme pas cette différence en anomalie sans connaître le périmètre exact qui m’a été transmis.

Enfin, les sujets concernés évoluent. Toute utilisation professionnelle d’un contenu réglementaire devrait conduire à revérifier les sources applicables au moment de la session.

Sources et références

Dossier de vérification

Sources et vérifications

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8 références
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webCYBER65, supports de formation cybersécurité, NIS2 et AI Act

www.cyber65.fr

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webLaurent Lacroix, LinkedIn

www.linkedin.com

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webRèglement (UE) 2026/1744 du Parlement européen et du Conseil, EUR-Lex

eur-lex.europa.eu

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webRèglement (UE) 2024/1689 sur l’intelligence artificielle, EUR-Lex

eur-lex.europa.eu

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webCNIL, programme de travail 2026 et préparation aux missions de surveillance de marché

www.cnil.fr

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webDGCCRF, mise en œuvre du règlement sur l’intelligence artificielle en 2026

www.economie.gouv.fr

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webKachouri, AI Act 2026-2028 : le calendrier ne suffit plus, place à la gouvernance des usages

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